

La Poésie du Geste
Réunir aujourd’hui André Kneib et Hans Hartung revient à orchestrer un dialogue entre deux histoires du geste, deux géographies de la pensée et deux conceptions de l’énergie picturale. Rien dans ce rapprochement n’est artificiel : leurs œuvres, profondément distinctes en apparence, partagent pourtant une même nécessité intérieure : inscrire le mouvement de l’esprit dans la matière du trait, faire du geste non un signe, mais une forme d’existence.
L’exposition met en lumière cette résonance silencieuse, mais décisive, qui traverse leurs démarches. Kneib vient de la calligraphie chinoise, qu’il a étudiée au cœur même de ses lieux de transmission, dans l’Académie des Beaux Arts de Chine de Pékin et à l’Université de Nankin. Hartung, pionnier de l’abstraction lyrique, en a révélé le versant occidental : celui de la vitesse, de l’impact, de la fulgurance. Entre eux, il ne s’agit pas de filiation, mais d’une affinité structurelle, où le geste devient un langage universel, au-delà des cultures.
Seront présentées André Kneib & Hans Hartung.
L’exposition est ouverte au public du 30 janvier au 30 mars 2026 sur rendez-vous.

La rencontre entre Hartung et Kneib ne repose pas sur une proximité formelle, mais sur une affinité plus profonde : la structure même de leur rapport au geste. Hartung fait apparaître la force brute du mouvement, sa fulgurance et son impact immédiat, tandis que Kneib en révèle la dimension intérieure, la logique intime, la respiration et le souffle. L’exposition met ainsi en lumière une tension fertile entre deux approches complémentaires : chez Hartung, le geste surgit comme une projection d’énergie, alors que chez Kneib, il s’inscrit dans une temporalité plus intérieure, faite d’équilibre et de résonance. Ensemble, leurs œuvres démontrent que le trait peut devenir un langage universel, capable de dépasser les frontières stylistiques et culturelles.
André Kneib : un artiste-pont
Plus qu’un calligraphe ou qu’un peintre abstrait, André Kneib est un passeur.
Il relie les traditions sans les confondre, il traverse les cultures sans les simplifier, il fait dialoguer des systèmes esthétiques longtemps considérés comme opposés. Son œuvre montre qu’une tradition millénaire peut être un moteur de modernité, et qu’un geste, lorsqu’il est juste, peut abolir la distance entre deux mondes.
Cette exposition révèle cette contribution rare : celle d’un artiste qui, trait après trait, ouvre la calligraphie au monde et ouvre le monde à la calligraphie.




