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Du scriptural au pictural 
& réciproquement
 
Hans Hartung, Chen Danqing, Mizutani Lumi

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Juillet 2016

Artistes :

En savoir plus :

Conformément à son projet artistique transculturel et à l’occasion de son inauguration, la WITHoutARTgalerie présente les artistes d’Occident et/ou d’Extrême-Orient suivants : Chen Danqing (Chine), Hans Hartung (France) et Lumi Mizutani (Japon).

 

Leurs œuvres ont en commun de proposer au visiteur trois façons différentes d’envisager l’écriture en peinture ou la peinture comme écriture. Chacun de ces artistes cosmopolites, aux parcours très divers, explore en effet l’implication réciproque du scriptural et du pictural dans la pictographie au sens proprement étymologique du terme : du latin picto– issu de pingere « peindre » et de –graphie, du grec graphein, écrire.

 

Rappelons à cet égard le constat naguère formulé par Roland Barthes dans L’obvie et l’obtus (1982) : « En réalité, si nous refusons l’idéogramme, c’est que nous tentons sans cesse, dans notre Occident, de substituer le règne de la parole à celui du geste ; pour des raisons qui relèvent d’une histoire véritablement monumentale, il est de notre intérêt de croire, de soutenir, d’affirmer scientifiquement que l’écriture n’est que la ¨transcription¨ du langage articulé : l’instrument d’un instrument : chaîne tout au long de laquelle c’est le corps qui disparaît. »

 

Or, dans l’histoire de l’art abstrait occidental, Hans Hartung est précisément l’artiste qui, en pionnier, s’est évertué à restituer au geste et au corps leurs lettres de noblesse. En 1976, il disait à propos de ses débuts : « Une seule chose était […] nécessaire : en premier lieu faire comprendre au public que le ¨sens¨ d’une toile abstraite ne pouvait pas être mis en paroles et encore moins dit avec des mots précis. » Avec ses tracés gestuels ou ses pictographies rythmiques ne renvoyant, ni à une iconographie ni à écriture préétablies, il aura systématiquement tenté de déjouer, comme l’indique ensuite Barthes, cette « loi ségrégative en vertu de laquelle nous expédions d’un côté les graphistes et de l’autre les peintres, d’un côté les romanciers, de l’autre les poètes : mais l’écriture est une : le discontinu qui la fonde partout fait de tout ce que nous écrivons, peignons, traçons, un seul texte. »

 

C’est ainsi qu’à sa manière, Chen Danqing – dont c’est la première exposition en France – fait inversement et textuellement de l’écriture (ou de calligraphies chinoises historiques), le motif privilégié de certaines de ses « natures mortes » (à l’huile). Ce faisant, il feint la spontanéité gestuelle de la calligraphie cursive.

 

Quant à Lumi Mizutani, elle improvise et développe des « calligraphies » d’autant plus gestuelles que l’artiste fut à ses heures, danseuse, mime et actrice (Kabuki) ; contrairement aux apparences, ses écritures ne transcrivent aucun idéogramme ni aucune parole ; en réalité abstraites, elles ne véhiculent donc aucun sens ni aucun motif extrinsèques à leur dynamique et à leur plasticité.